Le cerveau, le centre de lêtre humain ?
Ne sétant pas créé lui-même, lêtre humain se demande depuis la nuit des temps, comment il se fait quil existe plutôt que de ne pas exister. Pourquoi est-il vivant, conscient et doué de toutes sortes de facultés, plutôt que dêtre inconscient, sans vie, inexistant, rien ?
Pour lêtre humain, simaginer navoir rien été dans le passé est une chose impossible. La simple idée dêtre du « rien » dissout dans le néant, le dépasse. La conscience que nous avons de nous-mêmes est trop forte et nous en empêche. Tout de suite, elle nous pousse à nous demander où nous nous trouvions dans le néant et surtout sous quelle forme? Cependant, avoir une forme et être quelque part, cest être !
La difficulté à trouver des réponses satisfaisantes à ces questions a poussé les hommes à sinterroger sur leur propre nature : nous existons, mais que sommes-nous ? Quest-ce que cet être conscient, capable dagir et de penser, que je ressens être ?
Une des voies suivies pour le découvrir à été de rechercher où en nous se trouvait le centre de notre conscience, notre moi véritable ?
Où se trouve le centre de notre conscience ?
De nos jours, il est évident pour la plupart des gens que le siège de notre personnalité - le centre de nos facultés de réflexion et de décision - se situe dans notre tête, plus précisément dans notre cerveau. Il nen a cependant pas toujours été ainsi. La localisation de notre moi est demeurée longtemps une chose incertaine.
Au 6ème siècle avant Jésus-Christ, le philosophe grec Pythagore émettait seulement lhypothèse que le siège de la pensée devait être dans le cerveau.. Cette hypothèse fut dailleurs contestée par Aristote (4ème siècle av. JC). Ce dernier pensait que le centre de la conscience était dans le cur et que le cerveau ne servait pas à penser, mais à refroidir le sang !
En réalité, localiser précisément dans notre corps le centre de notre personnalité nest pas aussi aisé que cela puisse paraître au premier abord. En effet, si nous avons la très nette impression que le processus de réflexion a lieu dans notre tête, il nen va pas de même pour dautres manifestations de notre personnalité. Nos émotions par exemple - comme la joie, le calme intérieur, lenvie et la peur - ne sont pas du tout ressenties dans notre cerveau. Il en va de même pour lamour qui nous habite, la conviction qui nous anime ou la volonté que nous déployons, qui, tous, semblent plutôt issus de la région du plexus solaire ou ... du cur, que du cerveau.
Cur ou cerveau ? Laccroissement des connaissances anatomiques et physiologiques ont rapidement montrés que le cur nétait pour rien dans les processus de conscience et quil fallait effectivement plutôt chercher du côté du cerveau.
Les recherches sur le cerveau
Des recherches inlassables furent entreprises car lon se disait très logiquement que si les actes et la conscience étaient véritablement issus de la masse cérébrale, mieux se comprendre soi-même, passait par mieux comprendre notre cerveau.
Bien quayant débuté dans lantiquité grecque, les recherches furent lentes et ne se développèrent de manière significative quà partir du 19ème siècle.
Cest effectivement à partir de ce moment que la science acquit une représentation réaliste de ce quétait une cellule nerveuse, avec son corps cellulaire et ses prolongements : les axones et les dendrites, cellule nerveuse ou neurone qui est lélément de base avec lequel le cerveau est construit.
Au 20ème siècle, grâce à lemploi de micro-électrodes, on découvrit dans le cerveau lexistence de différents centres spécialisés dans une fonction déterminée, par exemple, des centres responsables de la réflexion, de la mémorisation, de lassociation didées, ... mais aussi de la vision, de laudition, du langage parlé, de lécriture, de la lecture, etc.
Aujourdhui, grâce à une technologie de plus en plus poussée (les procédés dimagerie par résonance magnétique), il est même devenu possible dobserver le cerveau en train de fonctionner sans avoir à ouvrir la boîte crânienne, comme cela était nécessaire dans le passé.
Les découvertes de plus en plus nombreuses effectuées ces dernières années semblent toutes confirmer le fait que cest bien le cerveau qui est le centre de la conscience de lhomme. Pour de nombreux scientifiques, la science a ainsi trouvé la réponse à la grande question sur lorigine et la nature de lêtre humain : celui-ci est tout entier contenu dans cette merveilleuse machine remplissant notre boîte crânienne, et des multiples réactions que les neurones entretiennent les uns avec les autres émanent nos facultés cognitives, artistiques et altruistes.
Mais en est-il vraiment ainsi? Un certain nombre de faits montrent au contraire que de nombreuses questions subsistent.
Les énigmes du cerveau
Sil est un point considéré comme incontestable, un point qui est constamment invoqué pour prouver que le cerveau est bien le centre de la personnalité et de la conscience, cest lexistence des centres cérébraux responsables des différentes facultés humaines : centre de la réflexion, de lassociation didées , du raisonnement, etc. Ces différents centres sont considérés comme le point de départ et lendroit où ont lieu les différentes fonctions puisque la destruction dun des centres rend impossible la manifestation de la fonction correspondante.
Parmi ces centres prenons par exemple celui qui est responsable de la mémoire des mots, le centre dit de Broca, situé dans la 3ème circonvolution frontale gauche du cerveau et dont la destruction provoque laphasie, cest-à-dire la disparition du souvenir des mots et par conséquent de la possibilité de parler qui en découle.
La destruction du centre entraînant la disparition de la faculté de parler, un apahsique total devrait être à tout jamais incapable de parler. Or, il arrive que ces personnes prononcent malgré tout des paroles. Cela a lieu, il est vrai dans des circonstances particulières ; par exemple, à la suite dun choc physique ou dune très forte émotion qui les ébranle profondément et à la faveur desquels elles prononcent quelques mots. Comment une telle chose peut avoir lieu ?
Un autre fait qui tend à montrer que les centres cérébraux ne sont pas les points de départ des fonctions, est quà la suite de la destruction dun centre, le cerveau est parfois capable den reconstruire un nouveau dans une autre partie de la masse cérébrale. Ainsi, des personnes qui, à la suite dune attaque cérébrale, ont perdu la faculté de parler ou de mouvoir certains membres à cause de la destruction des centres correspondants, ont-elles pu retrouver lemploi de la parole et leur mobilité.
Cette formidable capacité dadaptation, dont on ne peut que se réjouir, soulève néanmoins une question de taille, si lon considère que les informations sont inscrites dans les centres cérébraux. En effet, comment se fait-il que des informations puissent survivre à la destruction dun centre - donc à la destruction d'elles-mêmes - pour se retrouver dans un nouveau centre ?
Lorsquil sagit dun centre moteur, lexplication est simple : il ny a pas transfert dinformations, mais création dun nouveau centre, grâce à la rééducation aux mouvements. Mais, lorsque quelquun peut retrouver la capacité de parler sa langue maternelle, mais aussi des langues étrangères quil a péniblement apprises dans le passé, et tout ceci en quelques mois seulement, on est en mesure de se demander si ce qui, dans de tels cas, se redéveloppe, ce nest pas, comme on le pense, lensemble du stock de souvenirs, mais seulement la capacité de rappeler ces souvenirs, ces derniers étant restés intacts, ailleurs.
Lattribution de fonctions déterminées aux différents centres cérébraux donne limpression que lorsquune fonction précise est sollicité (parler, écrire,...) cela ne peut avoir lieu que lorsque le centre concerné sactive, et uniquement celui-ci, puisque les autres ont un rôle différent à jouer. Or, des études récentes ont montrés que les hommes et les femmes nutilisent pas leur cerveau de la même manière pour atteindre un même but. Pour lire, par exemple, les hommes utilisent une minuscule zone de lhémisphère gauche du cerveau, alors que les femmes se servent de plusieurs zones réparties dans les deux hémisphères. Un même but, et par là, une fonction unique : lire, peut donc être atteint grâce à des moyens différents. Cela ne montre-t-il pas à nouveau que le cerveau nest pas tant le point de départ de nos facultés, quun outil qui nous offre un ensemble de possibilités pour atteindre nos buts ? En dautres termes, cela signifierait que quelque chose dautre que le cerveau doit exister, quelque chose qui peut le diriger et lutiliser selon son vouloir.
La clé de lénigme : lesprit
En disant quil existait quelque chose de plus que le cerveau, quelque chose de plus perfectionné que lui, ne nous sommes-nous pas mis dans une impasse ? En effet, quy a-t-il de plus élevé que le cerveau ? Quel autre organe de notre corps serait en mesure de raisonner, calculer, réfléchir ou imaginer ?
En ne scrutant que la masse cérébrale et le système nerveux, la science se limite à ne trouver les réponses aux énigmes du cerveau que dans le cerveau lui-même. Les faits mentionnés précédemment nous invitaient cependant à aller plus loin, à chercher au-delà de lorgane cérébral.
Disons le demblée, lélément « en plus du cerveau », cest lesprit, pris dans le sens dâme, cet élément immatériel dont parlent toutes les grandes religions et qui était également une évidence en médecine jusqu'à il y a quelques siècles.
Lesprit humain est issu du plan spirituel, appelé aussi le paradis. Lesprit est donc dune toute autre constitution que le corps physique. Il est construit avec des matériaux du plan spirituel, alors que notre organisme est construit à partir des matériaux du plan terrestre.
Pendant la durée de notre vie sur terre, lesprit est incarné dans le corps physique. Après le décès, le corps physique se décompose et libère ainsi les matériaux avec lesquels il était construit. Lédifice corporel en tant que tel disparaît. Il nen reste plus que des « briques » éparses, qui serviront à lédification dautres corps : plantes, animaux, etc. Lesprit, lui, ne se décompose pas parallèlement au corps, mais subsiste, car les matériaux avec lesquels il est construit ne sont pas soumis aux lois physiques et terrestres.
Etant donné quà la mort, notre corps se décompose mais lesprit demeure, notre moi véritable est notre esprit et non pas notre corps. Nétant pas notre corps, il nest par conséquent pas non plus le cerveau !
Mais que représente donc le corps pour lêtre humain ? Le corps nest quune enveloppe que lesprit reçoit pour la durée de son séjour terrestre. Cette enveloppe nest cependantpas un simple vêtement protecteur, comme lest un manteau par exemple, mais est un outil très perfectionné à disposition de lesprit, outil possédant de nombreux et précieux instruments : yeux, bras, jambes et ... cerveau.
Malgré la perfection de nos organes physiques et du cerveau en particulier, notre moi véritable nest pas dans le corps, mais dans lesprit. Le centre de notre personnalité, de notre conscience et de notre volonté, se situe dans notre esprit. Cest lui qui dit « jai un corps », et non pas « je suis un corps ». Cest également lui - et non pas le cerveau - qui affirme « je pense, donc je suis », car le cerveau sans esprit qui lanime nest pas capable de penser.
Lesprit immatériel, le centre de notre personnalité
Lexistence dun esprit immatériel permet de résoudre toutes les énigmes concernant le cerveau. Voyons comment, en reprenant les quelques énigmes dont nous avons parlé précédemment. Si nous prenons en considération lexistence de lesprit, les centres cérébraux - centre du langage, du mouvement, de la vision,... - ne sont pas les points de départ des fonctions et le lieu de stockage des informations y relatives, mais des relais. Chacun deux est spécialisé dans le rappel et la transmission dun certain type dinformation : mouvement, langage, etc. En dautres mots, chacun de ces centres est en relation privilégiée avec une des facultés particulières de lesprit qui, lui, est le véritable centre de décision et lieu de stockage.
Chez un aphasique, le rappel normal des mots nest plus possible car le centre du langage oral est détruit. Les mots subsistent cependant dans lesprit et ne sont pas touchés par la lésion du centre du langage. Ils peuvent donc, dans des circonstances particulières de grand bouleversement intérieur - qui se manifesteront physiquement par un grand ébranlement du système nerveux - trouver malgré tout une voie daccès au cerveau et permettre à laphasique total darticuler quelques mots.
La possibilité dutiliser une voie inhabituelle nest au fond pas surprenante. Une cellule nerveuse a pour caractéristique principale la faculté de recevoir et de transmettre des informations. Que la cellule soit isolée ou fasse partie dun groupe de cellules (un centre) , quelle se trouve dans la moelle épinière ou dans le cerveau, ne change rien fondamentalement. Entre les cellules nerveuses, il ny a que des différences de complexité et non de nature. Une cellule nerveuse peut donc sadapter pour transmettre des informations dun genre différent. Elle peut aussi se mettre en contact tout naturellement avec un nouveau réseau nerveux en développant ses dendrites.
Les caractéristiques des cellules nerveuses exposées à linstant permettent de comprendre pourquoi un centre détruit au cours dune attaque cérébrale peut se reconstituer dans une autre partie du cerveau : les nerfs ne font que transmettre et nagissent quen fonction de la manière dont ils sont utilisés. Or, cette utilisation dépend de lesprit. Lorsquune voie ne lui est plus possible - à cause de la destruction des neurones dun centre par exemple - il peut très bien utiliser une autre voie quil créera avec les neurones à sa disposition. Ceux-ci sont très nombreux. Il semble en effet que nous nutilisons quune partie infime de notre potentiel de neurones cérébraux: environ 10%. Ils subsistent donc dinnombrables filets nerveux capables à tout instant de prendre le relais des neurones déficients.
Que le cerveau ne soit quun outil utilisé par lesprit et non le point de départ des facultés est aussi mis en évidence par le fait que, lors de la lecture dun texte, le cerveau de la femme travaille différemment de celui de lhomme. Cette différence ne sexplique cependant ni par une conformation autre du cerveau, ni par une répartition différente des centres cérébraux. Ceux-ci sont en effet similaires dans les deux cas. Cependant, la nature dissemblable des esprits masculins et féminins, les fait aborder la réalité de manière différente, ce qui a pour conséquence dactiver aussi des parties différentes du cerveau.
Le cerveau, un ordinateur à la disposition de lesprit
Le cerveau a souvent été comparé à un ordinateur. En effet, les opérations que tous deux peuvent effectuer sont similaires, mais surtout tout deux ne sont que des outils dont les possibilités et bienfaits ne se manifestent que lorsquils sont utilisés. Pour le cerveau, ces possibilités dépendent de lesprit, pour lordinateur de linformaticien.
Dans les deux cas, les possibilités de lesprit et de linformaticien dépassent de loin celles de loutil. Linformaticien, tout comme lesprit, peut innover, inventer, créer, improviser, avoir des intuitions, être inspiré. Il peut aussi apprécier la musique, aimer son prochain, vibrer pour un idéal, développer son sens du beau et son sens de la justice. Il peut persévérer, sappliquer, être courageux, etc. toutes choses impossibles aussi bien à lordinateur quau cerveau.
Loin dinfirmer lexistence de lesprit, les découvertes faites sur le cerveau ne font donc que confirmer que lesprit doit bel et bien exister et quil est indispensable de le prendre en considération si lon veut véritablement comprendre lêtre humain. Lesprit est le centre de lêtre humain, le cerveau nest que son outil.
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