Catastrophes naturelles
Pourquoi Dieu tolère-t-Il la souffrance ?

 

Tsunamis, tremblements de terre, cyclones, éruptions volcaniques, inondations… des morts par milliers, des blessés et des sans-abri en plus grand nombre encore. Les catastrophes naturelles sèment la désolation derrière elles. L’être humain ne peut s’empêcher de se demander pourquoi Dieu, le Créateur de la nature, tolère tout cela, et plus particulièrement, pourquoi Il tolère la souffrance.

Un questionnement légitime

A chaque nouvelle catastrophe naturelle, des questions surgissent quant aux raisons et au sens profond de l’événement. Une partie de ces questions portent sur le rôle de Dieu : pourquoi tolère-t-Il tout cela ? Que fait-Il lorsque ces catastrophes ont lieu ? Pourquoi ne fait-Il rien pour les empêcher ? Pourquoi nous abandonne-t-Il ? Est-Il en colère ?

L’autre partie des questions concerne les êtres humains : pourquoi nous précisément ? Dieu ne nous aime-t-Il pas ? Aurions-nous fait quelque chose pour cela ? Qu’avons-nous fait pour mériter ce qui nous arrive ?

A chaque nouvelle catastrophe également, ces questions sont qualifiées d’indécentes, ridicules, voire cruelles. On essaye de les faire passer comme relevant d’un esprit étroit et rétrograde. On cherche à les étouffer et les écarter comme indigne de l’homme du 21è siècle. Il n’en a cependant pas toujours été ainsi.

Au cours de l’histoire de l’humanité, les tremblements de terre, les tempêtes, les inondations … étaient ressentis comme voulus de Dieu. Il rendait ainsi attentif les êtres humains de leurs manquements, et cela d’une manière forte. Ce n’est qu’avec le développement de la science, surtout au 19è siècle – et les explications géologiques et météorologiques des phénomènes naturels – que cette manière de voir changea : l’exubérance de la nature était seule en cause. L’être humain n’y était pour rien. Il n’était que la victime innocente des caprices de la nature. Ce point de vue se répandit de plus en plus et devint finalement une sorte de dogme. Or, si celui-ci est satisfaisant pour les athées, car il exclut l’intervention de Dieu, il ne l’est pas pour les croyants.

Pour ces derniers, une explication scientifique des phénomènes naturels n’exclut pas le fait que Dieu soit le Créateur de la nature et qu’Il existe. La question : « Pourquoi Dieu tolère-t-Il les souffrances des victimes lors de bouleversements naturels ? » reste donc ouverte, tout comme son corollaire : « Les victimes ont-elles fait quelque chose pour mériter leur sort ? »

L’enjeu de la question n’est pas de trouver des fautes chez son prochain, de l’accuser ou de le culpabiliser. Il ne vise pas non plus à chercher des excuses pour ne pas avoir à se préoccuper des victimes. L’enjeu est de mettre ensemble deux choses en apparences inconciliables pour un croyant : l’Amour de Dieu et les souffrances des êtres humains. En effet, si Dieu pouvait empêcher ces souffrances mais ne le voulait pas, Il ne serait pas Amour ; s’Il le voulait, mais ne le pouvait pas, Il ne serait pas Tout-Puissant. Mais un Dieu sans Amour ni Toute-Puissance n’est pas Dieu !

La question de savoir si l’être humain a fait quelque chose pour mériter ce qui lui arrive est donc fondamentale. De la réponse à cette question dépend la conviction que l’on peut avoir de l’existence ou non de Dieu. Cette question ne concerne donc pas seulement les croyants, mais chaque être humain.

Une question si importante ne peut être esquivée et c’est pourquoi elle resurgit à chaque catastrophe naturelle. C’est une question cruciale et légitime.

Pourquoi Dieu tolère-t-Il la souffrance ?

Puisque les questions qui se posent lors de catastrophes naturelles sous-entendent toutes que Dieu ne devrait pas tolérer la souffrance, qu’Il devrait faire en sorte qu’elle ne puisse se manifester, qu’Il en est peut-être même l’auteur et qu’Il ne devrait pas la laisser exister plus longtemps, il est nécessaire de se demander ce qu’est la souffrance et quelle est son origine ?

On pourrait difficilement soutenir que Dieu veuille la souffrance et qu’Il l’ait créée à côté du bonheur et du bien-être comme une chose normale dans la création. Affirmer cela irait à l’encontre de ce que nous ressentons au fond de nous comme étant la divinité. Dieu est Amour et Il est bon ; Il ne peut vouloir la souffrance de ses créatures. Au contraire, Il veut leur bien et leur bonheur. Mais qu’est ce qui engendre la souffrance ? Pourquoi se manifeste-t-elle?

Comme la science l’a bien mis en évidence, le monde dans lequel nous vivons ne fonctionne pas au hasard. Il est régit par des lois précises, appelées lois de la nature. Il s’agit entre autre des lois de la physique, de la chimie, de la botanique, de la génétique, … pour n’en mentionner que quelques unes.

Les lois de la nature sont immuables, elles ne subissent jamais aucune modification. La manière dont elles agissent aujourd’hui est la même que celle qui avait lieu dans les passés les plus lointains et qui aura lieu dans un futur le plus éloigné. Cette immuabilité est signe de perfection.

L’immuabilité des lois cependant n’exclut pas le changement et l’évolution à l’intérieur du cadre des lois. La nature n’est pas figée. Les continents continuent de dériver comme dans le passé, le mouvement des plaques continentales contribuent encore à la formation des reliefs montagneux, les inter-réactions entre zones de haute et basse pression déterminent toujours les conditions météorologiques. Les plantes et les animaux évoluent. Les êtres humains disposent aussi de cette possibilité, mais toujours à l’intérieur des lois de la nature.

Les lois de la nature n’ont pas besoin d’être modifiées ou améliorées, car elles sont parfaites depuis le commencement. Elles ne sont d’ailleurs pas seulement parfaites en elles-mêmes, chacune pour soi, mais également dans leur action commune. Elles forment un tout qui fonctionne harmonieusement et qui a une action  promotrice sur toutes les créatures qui y vivent.

La perfection des lois ne peut être le fruits du hasard. Une intelligence et une sagesse doit en être l’origine.

C’est ce que Voltaire a exprimé en disant : « L’univers m’embarrasse, et je ne peux concevoir que cette horloge marche et n’ait point d’Horloger »

Catastrophes naturelles et ordre naturel

L’existence d’un ordre naturel et de lois naturelles créées par Dieu et agissant de manière bienfaisante semble contredite par l’existence des catastrophes naturelles elles-mêmes. Ces dernières apparaissent en effet comme uniquement destructrices et non bienfaisantes. Leur action semble également plutôt résulter de l’activité des forces naturelles laissées à elles-mêmes, agissant au hasard et de manière arbitraire, autrement dit, en dehors de l’ordre naturel. Cependant, à bien y regarder, les bouleversements naturels ne sont pas des accidents ou des dérèglements de la nature. Ils occupent une place parfaitement logique dans l’ordre naturel et ont une utilité fondamentale pour la bonne marche de la planète Terre.

Les tremblements de terre, par exemple, sont les manifestations secondaires du mouvement des plaques continentales, qui est nécessaire à la formation des montagnes et du modelé de la surface terrestre. Les fortes crues des fleuves contribuent à la formation de nouvelles terres fertiles et cultivables : les terres alluviales. Les irruptions volcaniques jouent un rôle primordial aussi bien dans la formation de la croûte terrestre que dans la teneur en sels minéraux des sols, dans la salure des océans et dans la composition gazeuse de l’atmosphère, toutes choses qui concourent à rendre la terre habitable.

Les tempêtes en général entretiennent l’équilibre climatique par les échanges constants d’air chaud et froid qu’ils réalisent entre les zones polaires et tropicales. Ces bouleversements naturels, qui sont une nécessité pour la formation et l’entretien de cette terre, ont eu lieu depuis les temps les plus reculés. Or, cette formation et cet entretien se poursuivent de manière ininterrompue, c’est pourquoi des bouleversements naturels ont encore lieu aujourd’hui et que d’autres ne manqueront pas d’avoir lieu dans le futur.

Les bouleversements naturels ont donc à bien des égards une action promotrice et constructive, qui peut dès lors nous montrer qu’ils sont dirigés de manière sensée et intelligente. Qu’ils le soient vraiment est confirmé par le fait qu’avant la plupart des catastrophes naturelles, les êtres humains reçoivent des avertissements qui leur permettent de se préserver des dangers.

Une partie de ces avertissements leur parviennent par le biais de leur intuition, sous forme de prémonition ou d’un pressentiment qui les pousse à quitter  la zone dangereuse, comme en témoignent de nombreux récits. L’observation du comportement animal est aussi une grande aide. Certains d’entre eux quittent les maisons avant les tremblements de terre, se réfugient sur les hauteurs avant un raz de marée, etc.

De plus, il apparaît de jour en jour plus nettement que l’ampleur des dégâts occasionnés par les catastrophes naturelles sont en grande partie dû à des erreurs commises par les êtres humains eux-mêmes.

En font partie, les pluies diluviennes et les inondations et, à l’opposé, les sécheresses persistantes et la désertification qui s’ensuit, dues aux dérèglements climatiques engendrés par la pollution et la destruction de la couche d’ozone.

En font également partie les avalanches et les éboulements dus au déboisement des flancs des montagnes, tout comme les crues et les inondations engendrées par la destruction des forêts et des haies, qui grâce à la richesse de leur humus faisaient office de zone tampon lors de fortes précipitations.

Beaucoup de victimes et de dégâts inutiles proviennent aussi de ce que l’on construit des habitations dans des régions dont on sait pertinemment qu’elles sont à risque. Par exemple, dans des zones exposées aux crues des rivières ou aux cyclones, dans les zones à avalanches, au pied des volcans ou le long des fissures géologiques où sévissent les tremblements de terre.

L’importance de ces erreurs à même amené certains experts à proposer de parler dorénavant de catastrophes humaines, plutôt que naturelles.

Ceci dit, même si l’être humain ne commettait pas toutes ces erreurs, les phénomènes naturels n’en continueraient pas moins d’avoir lieu, mais ils seraient moins nombreux et les dégâts qu’ils occasionneraient seraient bien moins importants qu’ils le sont actuellement. Mais ayant tout de même lieu, la question du pourquoi de la souffrance reste ouverte.

L’homme et son libre arbitre

La création de Dieu fonctionne harmonieusement car elle est dirigée par des lois qui sont l’expression de sa volonté et de sa perfection. On peut facilement le constater en observant la nature, les phénomènes physiologiques, le mouvement des astres… tout agit en harmonie et équilibre dans un tout ordonné avec sagesse.

A l’intérieur de cette création, tout ce qui est minéral, végétal et animal va toujours dans le sens des lois et concourt à l’harmonie générale. La raison en est qu’étant dépourvus de toute faculté de décision ou, pour les animaux, n’en possédant qu’une très limitée, ils ne peuvent jamais s’opposer aux lois et agir à leur encontre.

De toutes les créatures, seul l’être humain en est capable. Il dispose du libre arbitre, faculté qui lui permet de prendre les décisions de son choix sans être limité par quoi que ce soit.

Contrairement aux animaux, le comportement et les réactions de l’être humain ne sont pas prédéterminés. Ce dernier n’agit donc pas automatiquement dans le sens des lois. S’il le fait, c’est qu’il a pris la décision de le faire. La liberté que lui confère son libre arbitre lui donne ainsi la possibilité d’agir en harmonie avec les lois ou en disharmonie avec elles.

Lorsque ses décisions sont conformes aux lois, elles lui apportent joie, bonheur, bien-être. A l’inverse, celles qui s’y opposent lui amènent le mal-être, la douleur et la souffrance. C’est, par exemple, le non-respect des impératifs physiologiques du corps (les lois de la santé) qui engendre les maladies ; le non-respect de la loi de l’égalité entre le donner et le recevoir qui conduit aux conflits ; le non-respect de l’amour du prochain qui mène aux blessures de l’âme.

La souffrance apparaît donc sitôt que l’homme prend des décisions qui vont à l’encontre des lois. C’est lui par conséquent qui est à l’origine de la souffrance, et celle-ci est d’autant plus grande qu’il s’oppose plus fortement aux lois et persiste dans son opposition.

N’aurait-il pas été plus sage, se demanderont certaines personnes, que Dieu ne donne pas le libre arbitre à l’être humain ? Celui-ci n’aurait alors pas la possibilité de prendre des décisions erronées, et par là, d’attirer la souffrance sur lui. Si l’être humain devait être privé du libre arbitre, il serait privé du même coup de ses facultés créatrices, de jugement, de son esprit d’entreprise, etc. toutes choses qui font de l’homme un être distinct de l’animal et quelqu’un de personnel et d’unique. La suppression du libre arbitre entraînerait la disparition de l’être humain en tant que tel.

D’autres personnes se demandent s’il n’est au fond pas trop difficile pour l’être humain de savoir ce qui est juste et ce qui est faux, et par là ce qui est conforme aux lois ou non. Au premier abord, devant la complexité de certaines situations ou de certains problèmes, on pourrait croire qu’il en est ainsi. Mais au fond de lui, l’être humain possède dès l’origine des facultés intuitives qui lui permettent de ressentir très exactement ce qui est juste, bon et bien, et de le distinguer de ce qui est faux, mal et destructif. Le critère à appliquer pour décider et agir de façon juste est d’ailleurs bien connu et facile à saisir par chacun : ne jamais faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse. Cela correspond à avoir de l’amour pour son prochain.

D’ailleurs, de petites erreurs n’amènent que de petits désagréments. Ceux-ci permettent de prendre conscience sans grande souffrance que la voie prise est erronée. Des souffrances plus vives n’arrivent que si l’on persévère dans l’erreur, et elles s’amplifient en fonction de l’énergie avec laquelle on les commet.

Lorsqu’elles deviennent trop grandes, l’être humain se demande alors pourquoi Dieu permet que de telles souffrances existent. Il devrait cependant plutôt se demander pourquoi il tolère que lui-même prenne toutes ces décisions erronées qui lui apportent souffrance après souffrance.

S’il les prend, ce n’est certainement pas par plaisir mais, comme en beaucoup de choses, par ignorance ; une ignorance qui engendre, entre autres, le refus de prendre en considération la réalité de l’existence de la loi de cause à effet, appelée aussi loi des semailles et des récoltes.

Ce que tu sèmes, tu le récolteras

La loi de cause à effet détermine que chaque événement, acte ou décision, engendre obligatoirement un effet, et réciproquement qu’un effet est nécessairement précédé d’une cause. En langage populaire on dit : il n’y a pas de fumée sans feu. Cette loi n’agit pas seulement au niveau matériel mais également au niveau spirituel. Elle s’exprime alors en disant : ce que tu sèmes, tu le récolteras. Tout ce qu’en tant qu’esprit et à l’aide de notre libre arbitre nous décidons de faire, dire ou penser, sont des semailles qui engendrent quelque chose que nous devons récolter par la suite.

Lorsque quelqu’un agit contre les lois, il peut voir les effets directs de son erreur, par exemple, la peine qu’il cause à son prochain en lui manquant de respect. Constatant tout de suite le résultat de ses actes, il peut ressentir que son comportement était erroné et décider de modifier sa manière d’agir.

S’il ne le fait pas sur le moment, il pourra le faire plus tard. En effet, la loi des semailles et des récoltes lui en donne une possibilité supplémentaire en lui renvoyant une situation dans laquelle on lui manquera de respect. La loi spécifie bien en effet que celui qui sème est également celui qui récolte.

Cette récolte peut venir des mois ou des années plus tard, voire dans une incarnation ultérieure. Les récoltes sont liées à l’esprit qui a pris les décisions, et cet esprit survit à la mort du corps terrestre. Ce qu’il a semé dans une vie peut donc lui revenir dans une autre. C’est ce que l’on appelle le destin. Celui-ci n’est donc pas arbitraire, mais uniquement le résultat de ce qui a été semé par la personne concernée et qu’elle n’a pas encore reconnu comme faux.

Les récoltes, qui peuvent ramener beaucoup de souffrance à certains, mais également beaucoup de joie si l’on agit dans les lois, n’ont pas pour but la destruction de celui qui les a engendrées, mais son éducation. En vivant personnellement ce qu’il a fait aux autres, celui qui est à l’origine de la récolte peut prendre conscience du caractère néfaste ou bénéfique de ce qu’il a semé, parce qu’il en ressent les effets sur lui-même.

La souffrance n’est donc pas créée par Dieu, mais elle résulte du non-respect de ses lois par les êtres humains. Elle est donc une chose que les lois peuvent ramener, pour autant qu’elle ait été semée auparavant par l’homme. Pour lui, elle devient un passage obligé qu’il s’est créé par ses décisions.

Mais peut-on pour autant dire que Dieu tolère la souffrance ? Non. Au contraire, c’est parce qu’Il ne tolère pas la souffrance dans sa création, et pour ses créatures en général, qu’Il tolère que des individus qui l’ont engendrée et qui la répandent, la goûtent sur eux-mêmes, afin de s’en écarter à l’avenir.

Innocence et responsabilité

Le propre d’une loi de la nature est d’agir de manière constante et immuable dans le temps, sans aucune déviation ni exception, ce qui exclut tout arbitraire et favoritisme.

La loi des semailles et des récoltes est donc parfaitement exacte et juste. On ne récolte que si l’on a semé, et que ce que l’on a semé. Personne ne peut recevoir par erreur les récoltes de quelqu’un d’autre, ni prendre sur lui les erreurs que d’autres ont commises, cela serait contraire à la loi. Tout ce qui nous arrive, nous l’avons rendu possible par nos décisions.

Affirmer le contraire et dire que l’injustice règne, que ceux qui souffrent sont innocents, reviendrait à affirmer que les lois de la création ne sont pas parfaites, et par conséquent que l’auteur de ces lois ne le serait pas non plus, ce qui est à nouveau en opposition avec la notion que nous avons de Dieu.

Les récoltes engendrées par nos semailles sont toujours justes, même si nous ne nous souvenons plus du pourquoi de ces retours. Etre conscient du pourquoi n’est d’ailleurs pas indispensable, car l’essentiel est avant tout de tirer la leçon des situations auxquelles nous sommes confrontés.

Dans la mesure où l’on considère que cette loi est une réalité, il en ressort que toute personne qui vit une souffrance, que celle-ci soit petite ou grande, est responsable de cette souffrance parce qu’elle l’a engendrée dans le passé d’une manière ou d’une autre. La question de savoir pourquoi Dieu tolère que tant d’innocents souffrent est donc mal posée, car il ne s’agit pas d’innocents. Dieu au contraire ne tolère pas que l’innocent soit touché par une récolte qu’il n’a pas engendrée, et la loi des semailles et des récoltes veille à ce que cela ne soit jamais le cas.

Les victimes des catastrophes naturelles

Les victimes des catastrophes naturelles ont donc semé un jour quelque chose qui les amène, à l’heure de la récolte, à être dramatiquement atteintes par un bouleversement de la nature.

Beaucoup de gens n’admettent pas cela car ils ne comprennent pas comment l’homme peut récolter un séisme par exemple, alors qu’il est dans l’incapacité d’en semer un. La loi de cause à effet serait-elle ici prise en défaut ?

Ce qui compte lors d’une récolte n’est pas la forme extérieure de l’événement, mais le vécu intérieur. Or, le sentiment de détresse que l’on ressent lorsque l’on a tout perdu et les remises en question que cela entraîne peuvent tout aussi bien avoir lieu lors d’une catastrophe naturelle que lors d’une guerre, d’un incendie, d’une crise économique, etc. Ce n’est donc pas un séisme qui a été semé et qui maintenant est récolté, mais une situation particulière à l’intérieur de ce grand événement qu’est un séisme ; et les situations qu’un tel événement engendre sont très nombreuses.

Pour n’en mentionner que quelques-unes : peur, froid, faim, blessure, perte de ses proches, de ses possessions, de son travail, de sa confiance en soi, de ses espoirs, etc.

Ces situations sont d’autant plus nombreuses qu’une expérience unique, la destruction de son chez soi par exemple, peut être vécue de manières très diverses par ceux qui sont dans ce cas. Chacune des personnes concernées vit la situation en fonction de sa personnalité propre. Ce que l’une ressentira comme une catastrophe ne sera perçu par une autre que comme un inconvénient passager ; ce qui fera perdre ses repères à l’un n’atteindra l’autre que dans ses projets.

Les personnes qui vivent une même catastrophe naturelle n’ont donc pas toutes semé la même chose, mais elles récoltent chacune le fruit de leurs semailles personnelles, à la faveur d’un événement unique.

Bien que les catastrophes naturelles soient violentes et dévastatrices, cela ne signifie pas que les personnes touchées soient nécessairement des gens qui ont fait beaucoup de mal. D’une part, parce qu’il y a une différence entre l’événement global et les multiples situations qui en résultent. Parmi ces dernières, certaines sont violentes, d’autres moins. D’autre part, le vécu de chacun dépend des caractéristiques de l’esprit. Si quelqu’un est de bonne volonté et éveillé spirituellement, il n’a besoin que d’un retour karmique léger pour prendre conscience de ses erreurs, alors que celui qui, sans être mauvais, est fermé intérieurement ou tout simplement endormi, devra être secoué plus fortement pour être réveillé.

Les personnes qui, habitant dans une autre partie du globe, n’ont pas été touchées par la catastrophe naturelle, ne peuvent en déduire qu’elles seraient meilleures ou exemptes de fautes. Leurs récoltes ne leur reviennent que sous une forme différente, à un autre moment et avec une intensité tout aussi grande si besoin.

Désespoir ou résilience ?

Contrairement à ce que l’on imagine souvent, les sentiments qu’engendrent les catastrophes naturelles ne sont pas seulement le désespoir, le découragement et la perte de la joie de vivre. Chez une partie des personnes atteintes ce sont des sentiments opposés qui s’éveillent : elles prennent soudains conscience de la vraie valeur de la vie. Elles sont pleines de courage et d’enthousiasme. Elles se rendent utiles en aidant leurs prochains et sont reconnaissantes pour ce qu’elles ont encore. A l’instar de ces malades qui disent qu’ils n’ont pleinement vécu et apprécié d’exister qu’à partir du moment où ils sont tombés malades, ces personnes se réveillent à la vie et à tout ce qu’elle leur offre. Elles prennent conscience de beaucoup de choses qu’elles négligeaient jusque-là, et leurs priorités et leur échelle des valeurs se modifient.

«Les catastrophes naturelles ramènent toujours à l’essentiel», pouvait-on lire très justement dans certains journaux après le tsunami de décembre 2004. Elles sont, comme tous les événements douloureux qui nous atteignent, l’occasion de reprendre la juste mesure des choses : nos décisions et notre manière de nous comporter ne sont pas indifférentes.

Christopher Vasey

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L’auteur du texte ci-dessus base ses réflexions sur les connaissances spirituelles dispensées dans l’œuvre « Dans la Lumière de la Vérité, Message du Graal »  de Abd-ru-shin.

Christopher Vasey - Naturopathe / ch.vasey@vtx.ch